Présidentielle 2027: embouteillage...
- 14 août
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Certains métiers sont en sureffectif. Les généraux de l’armée française, par exemple. De LCI à BFM, sur toutes les chaines d’info continue, ils occupent le terrain de l’aube à la nuit. Des amiraux, des vétérans de l’infanterie, des étoilés de l’air... Aucun champ de manœuvre ne leur échappe. La largeur du détroit d’Ormuz, la profondeur du port d’Odessa, le débit du Dniepr à Kherson, ils en savent aussi long que les satellites d’Elon Musk. Je ne parle pas des drones, des missiles et des dernières tendances du matériel. Là encore, ils sont incollables. Ils ont tiré la leçon de toutes leurs défaites depuis 1940. La Russie n’a pas intérêt à nous chercher. Et que ses hackeurs ne viennent pas sur les réseaux embrouiller la prochaine présidentielle ! Elle s’annonce déjà assez confuse sans eux. Plus encore que de généraux à la retraite, la France regorge de candidats à la présidentielle. On dirait des bourdons sous un abat-jour.
À droite, c’est la foule. Quelques poids lourds glissent sur leur bilan comme les gondoliers sur la lagune : Édouard Philippe, Gabriel Attal, Bruno Retailleau. Une poignée d’abonnés à l’épreuve comme Xavier Bertrand, Dupont-Aignan et autres lièvres de série se prennent pour Usain Bolt. Sans négliger David Lisnard ou Dominique de Villepin le mousquetaire Vieille France qui n’en peut plus de patienter sur la touche depuis 2007. Ni Bruno Le Maire qui, lui aussi, se laisserait bien tenter par l’aventure. Tout comme Thierry Breton, également passé par Bercy pour y creuser les trous qu’il entend maintenant combler. Et j’oublie Jean Castex, Sébastien Lecornu, Michel Barnier qui ne peuvent s’empêcher de regarder dans l’assiette des autres et de rêver. Sa déconfiture à Pau aura privé François Bayrou d’un quatrième tour de piste. Pour faire quoi ? Rien ! Sous l’œil du FMI, du réchauffement climatique, des foucades de Trump, des ukases de Bruxelles, des humeurs de Standard & Poors et des vapeurs du Conseil Constitutionnel, ils se contenteront d’ajouter un épisode à leur saga personnelle. C’est tout.
La situation est exactement la même à gauche. Là encore, on s’y perd entre Pierre, Paul et Jacques. Sortis des états-majors, quelques poids lourds occupent le premier rang : Olivier Faure, Boris Vallaud, Marine Tondelier s’y jugent à leur place. Pas de chance : cet avis n’est pas partagé. Plusieurs poissons rouges du PS se verraient bien nager avec les requins : Karim Bouamrane, Jérôme Guedj, Philippe Brun (ne me demandez pas d’où il sort, je n’en ai aucune idée) ... Ils n’ont aucune chance mais se voient déjà en « prise de guerre » pour le vainqueur de leur camp. Et la liste n’est pas close : avec sa pauvre petite paire de 7, Ségolène rêve toujours de s’installer à la table de jeu. Sans oublier l’attelage d’anciens cracks formé par François Hollande et Bernard Cazeneuve. Ce qu’ils disent glisse sur nous comme une goutte d’eau sur les carreaux mais impossible pour eux de ne pas songer à un dernier tour de piste. Tout cela sous l’œil de Raphaël Glucksmann qui se voit en phénix des hôtes de cette liste grâce à quelques fausses informations que personne n’a vues sur de prétendus réseaux sociaux. Aujourd’hui, n’espérez plus être pris au sérieux si vous n’êtes pas victime d’une petite ingérence extérieure. C’est son cas. Depuis, comme la grenouille, il s’étend, il s’enfle, il se gonfle, il se travaille. De là à affronter une primaire, il y a un gouffre. Mais il n’est pas le seul à refuser l’obstacle.
À droite comme à gauche, ils annonçaient cette primaire pour l’automne. Tous semblent à-présent d’accord pour reporter l’heure de l’épreuve. Finalement, on peut attendre Janvier. Pourquoi pas ? De toute façon, quelles que soient leurs promesses, ils ne les tiendront pas. Et aucun n’a vraiment de programme. Macron s’est fait élire en se proclamant « de droite et de gauche ». Cette année, ils bêlent tous la même note : « ni de droite, ni de gauche ». Ils ont une dernière mission : faire barrage au RN auquel leurs politiques ont ouvert les portes du pouvoir. Peu importe si le reste du monde ricane. À 54 ans, Tony Blair avait plié bagages. Jose Maria Aznar à 51. Et Al Gore a passé la main dès confirmée sa défaite contre George Bush. Partout sur terre, les élus et leurs électeurs acceptent de retirer l’échelle après un passage aux affaires. Pas chez nous. Liftés, teints, botoxés, les vieux jeunes bombent toujours le torse. Quand ils observent l’avenir, ils voient un miroir. C’est la France où le futur s’écrit à l’imparfait.

